Skip to main content

Destinataire(s) : À l’attention de Monsieur Didier Legrand, maire de Grignan, et des élus municipaux

NON au projet de la ferme Chapouton... pour un avenir durable à Grignan !

Nous, citoyennes et citoyens de Grignan, nous opposons :

  • au projet d’extension de la ferme Chapouton et à la construction de nouveaux pavillons sur le site du Jardin Méditerranéen,
  • à la désignation du projet d’extension comme étant d’intérêt général pour Grignan,
  • à la procédure de mise en compatibilité du PLU par déclaration de projet.

Pourquoi cette demande aujourd’hui ?

Depuis plusieurs mois, les Grignanais·es entendent parler du projet d’extension de la ferme Chapouton, incluant également le Jardin Méditerranéen. Nombreux sont ceux qui ne sont même pas informés de son existence.
 
La présentation du projet lors du conseil municipal du 29 juin était insuffisante et inadaptée, privant le public restreint d’un débat constructif. Un conseil municipal n’est pas une instance de consultation mais de décision. Les conditions de présentation étaient mauvaises : documents projetés illisibles ; propos des porteurs de projet inintelligibles, exprimés trop rapidement et avec le dos tourné au public. De plus, il n’y a pas eu de temps alloué pour des questions ou un échange constructif.
 
Par conséquent, le public présent, peu nombreux, n’a pas pu appréhender pleinement les impacts du projet, ni interroger les porteurs de projet et la nouvelle municipalité sur son positionnement.

Rappel du contexte et des éléments portés à notre connaissance 
 
  • Le projet Chapouton a été initialement présenté en 2025 à l’ancienne municipalité.

  • Une réunion d’information sur le projet s'est tenue fin juillet 2025 en présence de la DDT, de la Chambre d'Agriculture, de la Communauté de Communes, du SCoT et des élus en charge de l’urbanisme.
    Il semble que ce soit à l’issue de cette réunion que le projet de la Ferme Chapouton ait été considéré comme d’intérêt général (communiqué du 20 mars 2026 émis par le Clair de la Plume). Par la suite, l'ancienne mairie a sollicité la MRAe (Mission Régionale d’Autorité environnementale) pour son avis sur une mise en compatibilité du PLU par déclaration de projet. [lien : Avis n° 2026-ARA-AC-4200-N11191
A titre d’information : un projet privé doit obligatoirement être reconnu d’intérêt général pour qu’une commune utilise la procédure de déclaration de projet permettant la mise en compatibilité du PLU. 
 
  • Le projet a également été présenté dernièrement à la nouvelle équipe municipale.

  • L’acquisition des parcelles nécessaires à l’extension de la ferme Chapouton est bloquée en raison d’un litige avec le vendeur concernant le changement de destination du terrain entre le préavis de vente et la vente finale. Une procédure judiciaire est en cours.
    Actuellement, les parcelles dédiées au projet sont en zone agricole et ne sont pas constructibles.
 
  • L’extension prévoit la création de 40 nouvelles chambres d’hôtel, d’un spa pouvant accueillir jusqu’à 50 personnes simultanément, le transfert du restaurant gastronomique « Le Clair de la Plume » sur le site de la ferme Chapouton afin d’atteindre le seuil de 50 couverts, la construction de 6 à 8 logements pour le personnel et d'un parking supplémentaire de 95 places.

  • Le site du Jardin Méditerranéen (Allée du 11 novembre) prévoit la création de pavillons supplémentaires, en plus de celui de 25m2 existant, pour des espaces de soins et de bien-être. La parcelle du Jardin Méditerranéen doit être classée en Stecal (secteur de taille et de capacité d’accueil limitée) pour permettre le projet, ce qui nécessite une dérogation de la réglementation du Code rural.

  • La mise en compatibilité, par déclaration de projet, du PLU prévoit également de créer un sous-secteur UBh dans lequel les hauteurs autorisées des bâtiments seraient réhaussées de 9 à 15 mètres.

  • La MRAe, sollicitée par l’ancienne municipalité, a rendu son avis le 16 avril 2026 sur la mise en compatibilité du PLU par déclaration de projet. Elle émet de nombreuses réserves et soulève les « incidences notables sur l’environnement et sur la santé humaine » et sur le SPR (Site Patrimonial Remarquable). Avant toute décision et poursuite du projet, la MRAe demande la réalisation d’une évaluation environnementale proportionnée aux enjeux. Cette évaluation est à la charge de la municipalité, pour un coût estimé d’environ 30 000 euros.

Nous sommes profondément préoccupés par les répercussions potentielles de ce projet sur notre territoire, son environnement et son équilibre.

Pourquoi faut-il agir maintenant ?

Quelles conséquences ce projet aurait pour Grignan ?
Les points listés ci-après s’appuient, en partie, sur l’avis conforme rendu par la MRAe sollicitée par l’ancienne municipalité.

1. Artificialisation des sols et consommation d’espace
Le projet prévoit la transformation de terrains en zone agricole qui deviendront des terrains constructibles, entraînant une perte d’espaces non bâtis.
Chaque hectare de terre préservé est pourtant essentiel pour maintenir la biodiversité, favoriser l’infiltration de l’eau, préserver les puits de carbone et ainsi limiter les effets du dérèglement climatique.

2. Impacts sur la biodiversité et les milieux naturels
Le projet prévoit des aménagements qui entraîneront la destruction ou la dégradation d’une partie de la forêt, d’habitats et d’espèces protégées, le projet étant situé à proximité de plusieurs zones sensibles (Natura 2000, Znieff). Cette forêt constitue un espace de vie pour de nombreux animaux et participe à la richesse de la biodiversité locale. La fragmentation ainsi que la disparition de ces milieux naturels auront des conséquences néfastes sur la faune et la flore qui y vivent.
Face au dérèglement climatique qui accélère l’effondrement de la biodiversité, nous avons impérativement besoin d’une nature aussi diverse que possible pour respirer, nous nourrir, mais aussi pour réguler le climat et nous préserver de ses aléas extrêmes. 
En 2026, est-il raisonnable de sacrifier encore des espaces naturels au profit d’un projet touristique de luxe ?
 
3. Augmentation des prélèvements d’eau
Les besoins en eau potable pour les 40 nouvelles chambres sont estimés, par le porteur du projet, à 8m3 par jour sans compter l’eau nécessaire au spa, espaces bien-être et piscines.
Grignan se situe dans un secteur en tension et fait déjà face à des restrictions estivales. Nous serons immanquablement confrontés à des périodes de sécheresse plus fréquentes, plus longues, plus intenses et plus précoces, et donc à une ressource en eau de plus en plus fragile. Dans ce contexte, l’extravagance d’un tel projet et ses conséquences potentiellement désastreuses pour les habitant·es et les activités locales ne peuvent pas être ignorées et doivent être sérieusement prises en compte.
 
4. Problèmes de gestion des eaux d’assainissement 
La non-conformité actuelle du réseau général d’assainissement de Grignan, eaux usées et eaux claires, ne permet pas à la station d’épuration d’absorber correctement les flux en cas d’aléas climatiques et de surcharge hydraulique. Les débordements dans le milieu naturel sont déjà fréquents (de 20 à plus de 60 fois/an).
Il n’y a actuellement aucun projet porté par la commune pour améliorer la situation. Dans ce contexte, un tel projet ne fera qu’augmenter de manière conséquente les apports en eaux usées, accroissant la tension de la station et polluant d’autant plus le Lez.
 
5. Davantage de déchets et de pression sur les infrastructures
L’augmentation de la capacité d’accueil touristique entraînera également une hausse de la production de déchets, de la consommation d’eau et d’énergie, ainsi qu’une pression supplémentaire sur les infrastructures et les services locaux.
Nous devons nous interroger collectivement sur la capacité de notre territoire à accueillir de nouveaux projets de cette nature et ampleur sans dégrader son environnement et son cadre de vie.
 
6. Risques naturels
Les secteurs de la ferme Chapouton et du jardin Méditerranéen sont respectivement concernés par un aléa feux de forêt très fort et une zone de prescription du PPRI (Plan de Prévention des Risques d'Inondation).
 
7. Un impact sur la qualité patrimoniale du Site Patrimonial Remarquable
Le projet portera atteinte à la qualité paysagère et architecturale du SPR (Site Patrimonial Remarquable - anciennement nommé AVAP) et à sa forte valeur patrimoniale par l’ajout de constructions et d’un parking dans les cônes de vue préservés du château.

A titre d’information : le propriétaire d’une des parcelles mise en vente avait demandé, sous une des mandatures de Monsieur Durieux, une modification du PLU afin de construire une maison individuelle. Sa demande avait été refusée au motif qu’il était nécessaire de « préserver la vue du château ». [Source : publication sur Facebook des Jeunes Agriculteurs du canton de Grignan, le 11 mars 2026]
 
 8. Gentrification
  • Hausse des loyers
Le développement d’un tel site touristique haut de gamme aura un impact sur les prix de l’immobilier déjà très élevés, rendant les logements plus difficiles d’accès aux habitant·es. Les locataires à revenu modeste pourraient être contraints de quitter leur lieu de résidence en raison de l’augmentation des loyers.
 
  • Pression commerciale
La fermeture potentielle de petits commerces au profit de boutiques de luxe saisonnières réduirait l’accès à des services abordables pour les résidents.
 
  • Perte de diversité sociale
L’arrivée de populations plus aisées pourrait uniformiser le tissu social, réduisant la mixité déjà bien entamée.

Quel avenir pour Grignan ?
Se pose aujourd’hui la question de la pertinence d’un projet d’intérêt privé qui va accaparer des terrains naturels au profit d’un tourisme haut de gamme.
Comment préserver un territoire vivant et accessible où les habitant·es peuvent continuer à vivre, se loger et travailler ?
En quoi l’extension d’un complexe hôtelier de luxe est-elle un projet d’intérêt général et un modèle de développement respectueux pour la biodiversité, pour les ressources naturelles, et pour les Grignanais·es ?

Appel à l’action
Nous demandons l’abandon du projet d’extension de la ferme Chapouton et que les terres restent classées en zone agricole. Nous refusons également que des fonds publics soient utilisés pour financer une évaluation environnementale au service d’un projet privé.
L’équipe municipale, élue sur des engagements de transparence, de dialogue avec les citoyen·nes et de refus du favoritisme, doit respecter ces principes. Un projet de cette ampleur, aux impacts importants sur l’environnement et la qualité de vie, ne peut être mené sans une information claire et transparente de la population. Nous demandons donc une consultation de la population avant toute décision, conformément aux engagements de transparence et d’équité pris par l’équipe municipale.
26230 Grignan, France

Maps © Stamen; Data © OSM and contributors, ODbL

Actualités

2026-08-21 21:20:53 +0200

100 signatures atteintes

2026-08-21 17:52:16 +0200

50 signatures atteintes

2026-08-21 13:56:43 +0200

25 signatures atteintes

2026-08-21 08:56:39 +0200

10 signatures atteintes