500 signatures atteintes
Destinataire(s) : Sébastien Lecornu (Premier Ministre); Anne Le Hénanff (Ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique); Monique Barbut (Ministre de la Transition écologique)
DATA CENTERS PARTOUT, DÉMOCRATIE NULLE PART

Pour une reprise de pouvoir démocratique et sociale sur les technologies numériques et un moratoire sur les nouveaux méga data centers.
Les 6 et 7 novembre 2026, nous serons des milliers de citoyennes et de citoyens à nous mobiliser à travers toute l’Europe contre l’expansion incontrôlée des data centers. Des dizaines d’associations, de collectifs et de luttes de terrain réparties dans 9 pays (France, Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Irlande, Autriche et Pologne) feront entendre leur voix et leurs revendications pour protéger nos droits, nos environnements et notre démocratie (voir la carte des événements en France et en Europe).
Les 6 et 7 novembre 2026, nous serons des milliers de citoyennes et de citoyens à nous mobiliser à travers toute l’Europe contre l’expansion incontrôlée des data centers. Des dizaines d’associations, de collectifs et de luttes de terrain réparties dans 9 pays (France, Espagne, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Pays-Bas, Irlande, Autriche et Pologne) feront entendre leur voix et leurs revendications pour protéger nos droits, nos environnements et notre démocratie (voir la carte des événements en France et en Europe).
Par cette mobilisation européenne d’ampleur inédite, nous demandons à nos gouvernements et à nos parlementaires l’ouverture d’un débat démocratique, collectif et social sur le développement numérique et un moratoire immédiat sur les nouveaux méga data centers.
Pourquoi faut-il agir maintenant ?
1# Data centers : une trajectoire anti-démocratique aux conséquences désastreuses
- Une expansion effrénée et néfaste :
Tirés par la course à l'intelligence artificielle, des nouveaux data centers sortent de terre tous les jours. En octobre 2026, la France en compte déjà 354. Ce qui en fait le 3ème pays d’accueil en Europe après l’Allemagne et le Royaume-Uni. 114 sont en cours de déploiement, et une soixantaine supplémentaires pourraient encore voir le jour, grâce aux sites « clés en main » que l’État souhaite mettre à disposition des industriels pour faciliter leur implantation [Source : Le Nuage était sous nos pieds]. Mais ils ne sont pas juste de plus en plus nombreux, ils sont aussi de plus en plus gros, et de plus en plus puissants. Partout où ils s’installent, leur présence exerce une pression grandissante sur les territoires. Ils consomment leurs ressources au détriment des usages locaux. Ils génèrent de la chaleur, du bruit, de la pollution aux particules fines qui perturbent les milieux de vie et les populations vivant à proximité.
- Des bénéfices et un débat public confisqués :
Cette expansion vient soutenir le développement d’une industrie numérique débridée, accaparée par quelques monopoles qui ne cherchent qu’à renforcer leurs intérêts idéologiques et financiers. Aujourd’hui, en Europe, 70% du marché cloud est dominé par AWS, Google et Microsoft. Pour les trois années à venir, 70% de la demande en centre de donnée est également tirée par les hyperscalers comme Google, Amazon Web Service ou Microsoft. Ce sont d’abord les Big Tech, les fonds d’investissements et les entreprises de centres de données qui bénéficient majoritairement des revenus générés. Loin des promesses de développement économique et de souveraineté numérique, les data centers créent très peu d'emplois et renforcent notre dépendance à l’hégémonie américaine. Tout ça, sans la moindre concertation avec les citoyen·nes qui sont systématiquement écarté·es des processus de décision et souvent dénigré·es dans leurs revendications. À Châteauroux, où doit s’installer le futur mega data center de Google, la maire et 3 de ses adjoints ont annoncé leur démission pour dénoncer le manque de transparence du projet.
- Une modèle technologique mondialement destructeur :
La généralisation de l’IA, et la prolifération des data centers qu’elle implique, s'appuient sur un système d’exploitation et de domination mondialisé. Un modèle extractiviste, patriarcale et colonial qui exploite les ressources, les travailleur·ses et les données à l’échelle planétaire en ne cessant d’aggraver les injustices sociales et écologiques dans de nombreux domaines : la fragilisation des services publics, le renforcement de la surveillance et de la répression des populations, l’augmentation des cyberviolences et des discriminations à l’égard des personnes minorisées, l’automatisation des armes militaires ou encore l’accélération de la censure et la désinformation. Lutter contre l’expansion des méga data centers au niveau local est un moyen d’entraver toute la chaîne numérique qui se déploie avec l’IA, et ses conséquences écologiques, sociales et politiques désastreuses.
2# Au-delà des data centers : un combat pour une reprise en main sociale et démocratique du numérique
Partout, des citoyen·nes s'organisent pour faire entendre leur voix. De Valence à Fouju, de Vitry-sur-Seine à Marseille, des riverain·es se mobilisent contre des projets imposés sans concertation. Des collectifs et associations comme Le nuage était sous nos pieds, Data for Good, FNE documentent les impacts et soutiennent les luttes locales. Ailleurs dans le monde, la mobilisation paie. En Malaisie, aux Pays-Bas, ou aux États-Unis, la pression citoyenne a forcé les autorités à freiner, encadrer ou suspendre des projets.
Ces choix technologiques sont des choix politiques. Et les citoyen·nes ont leur mot à dire. Nous ne sommes pas contre les technologies, mais nous refusons cette trajectoire qui décide de notre avenir technologique sans nous, et renforce le pouvoir et le confort de quelques-uns. Nous contestons la fuite en avant technologique inconsidérée au prix d’exploitations humaines et écologiques insoutenables.
Nous souhaitons défendre un numérique pensé, conçu et développé par et pour l’intérêt général de toutes et tous, avec des infrastructures et des espaces gouvernés collectivement, et dont la finalité compte autant que la manière dont il est construit.
Nous demandons au gouvernement français et aux parlementaires de :
- Décréter un moratoire immédiat sur toute nouvelle autorisation de méga data center, et suspendre le programme de sites « clés en main » offerts aux industriels.
- Organiser une concertation publique décisionnaire au niveau national, et par branche d’activité, sur la place de l'IA et de ses infrastructures.
- Une planification cohérente des infrastructures numériques françaises guidée par les besoins réels des territoires et dans le respect des limites planétaires et sociales.
Nos dirigeant·es doivent protéger la population, pas les centres de données. Rejoignez le mouvement : signez la pétition ✊