À Étrechet, la filiale de Google Tricolore Computing compte acheter 195 hectares de terres agricoles reclassifiées en zone d’activités (ZAC) en 2009 pour y installer un des centres de données les plus importants d’Europe, avec le soutien de la Métropole de Châteauroux.
Or ce projet gigantesque qui avance masqué aurait un impact durable sur notre territoire et sur la société dans son ensemble.
Google à Ozans, une consommation d’électricité gargantuesque
→ D’une puissance de 500 Mégawatts, cette infrastructure numérique absorberait à elle seule la totale consommation électrique du département de l’Indre.
→ Son approvisionnement nécessiterait la mise en place d’une nouvelle ligne à Très Haute Tension de 400 000 volts traversant les départements de l’Indre et du Cher, et ne peut être sans lien avec les 4.000 hectares de panneaux photovoltaïques sur terres agricoles à l’étude dans le département.
→ Classés parmi les Projets d’Intérêt National Majeur, les grands centres de données sont prioritaires concernant l’accès à l’eau et à l’électricité. L’implantation de Google à Ozans risque ainsi de limiter drastiquement l’accès à ces ressources pour les autres usagers en cas de crise d’approvisionnement.
Un mirage économique pour un désert écologique
Cette infrastructure comprend des risques majeurs pour le territoire :
→ La surchauffe des systèmes informatiques engendrerait une augmentation globale des températures comprise entre 2°C et 9°C dans un rayon de 10 kilomètres, affectant la population (multiplication des canicules et des nuits chaudes) mais également la faune, la flore et la production agricole.
→ Ce complexe consommera pour son refroidissement des centaines de tonnes de fluides réfrigérants, impliquant la pollution significative de l’air (gaz à effet de serre) et des sols par le biais de fuites de polluants éternels (PFAS).
→ Les dizaines de groupes électrogènes géants et de conteneurs de batteries, nécessaires en cas de coupure du réseau, en font des lieux particulièrement sensibles aux incendies, et une cible militaire de choix dans un contexte où les infrastructures numériques représentent un intérêt stratégique majeur.
Face à ces dangers réels, on argue de la création d’emplois, mais les centres de données ne créent qu’un emploi par hectare en moyenne en France (ce qui ferait autour de 200 pour Ozans), ce qui est médiocre comparé aux autres activités industrielles et artisanales.
La course à l’IA, une accélération dans le mur
→ Alors que la « transition numérique » démontre chaque jour ses effets nocifs sur l’environnement, les relations humaines, la vie démocratique et les libertés individuelles, ce type de projet fait courir le risque d’un développement incontrôlé de l’Intelligence Artificielle générative, et avec elle, à la destruction de millions d’emplois.
→ Loin de contribuer à la souveraineté numérique de la France, confier ce projet à Google revient à se soumettre à l’hégémonie américaine (sous le coup du Cloud Act, les entreprises états-uniennes ont l’obligation de mettre à disposition du gouvernement américain l’ensemble de leurs données).
→ Face aux dangers tant humains qu’environnementaux, et alors que de nombreux chercheurs appellent à réguler les IA génératives, le principe de précaution commande aux responsables politique de faire preuve de prudence et non pas de précipiter notre société dans un état de dépendance vis-à-vis d’une nouvelle technologie polluante et aliénante.
Agissons maintenant : « Pas un hectare pour Google, ni à Ozans, ni ailleurs ! »
→ Alors que les grands projets (et leurs contestations) se multiplient en France (Campus IA à Fouju, agglomération marseillaise...), il est urgent d’interroger les risques qu’ils font peser sur notre qualité de vie, notre souveraineté et l’accès de tous aux ressources essentielles.